Creuser un puits dans son jardin
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Creuser un puits dans son jardin

L’eau est une ressource naturelle nécessaire à la vie. Creuser un puits dans son jardin est un moyen de disposer d’eau pour le potager, les animaux, l’utilisation domestique, et ainsi de faire des économies. Différents types de puits existent, selon le terrain, les nappes souterraines, les besoins, le budget : du puits traditionnel jusqu’au forage qui capte des eaux très profondes des nappes phréatiques. Nous allons voir quelles sont les conditions préalables à la construction d’un puits, quels sont les types d’installations possibles, la règlementation et le prix liés à ces travaux.

Comment savoir si c’est possible

Si vous voulez capter de l’eau en profondeur, Il faut d’abord savoir s’il y en a. Si une rivière coule près de votre maison, si vos voisins ont eux-mêmes un puits, ou si vous avez parfois des infiltrations d’eau dans votre cave, c’est que de l’eau est présente sous la terre de votre jardin. Sinon, vous pouvez faire appel à un sourcier qui sait détecter une source souterraine, ou à un hydrogéologue, qui étudie les flux, les nappes phréatiques et la possibilité de creuser ou non un puits. Dans tous les cas, l’avis d’un expert est nécessaire.

Quel type de puits choisir

Avant d’entreprendre les travaux, une étude technique permet d’évaluer la quantité et la qualité d’eau trouvée, et ainsi de déterminer l’emplacement du puits et sa profondeur.

Le puits traditionnel

C’est un puits de surface qui n’est pas très profond : de 5 à 10 m, mais dont le diamètre est assez large. Il consiste à récupérer les eaux pluviales qui s’infiltrent dans le sol et remplissent le puits grâce à ses parois poreuses trouées. Un sol perméable est nécessaire pour ce genre d’installation. Il est possible de le creuser manuellement ou à l’aide de machines. On utilise des buses en ciment pour les parois. Le débit de l’eau est très variable dans cette sorte de puits, il dépend de la saison et des conditions climatiques. Une simple pompe est suffisante pour pomper. L’eau n’est pas potable, elle peut contenir des bactéries pathogènes. De plus, un entretien est nécessaire, il faut faire un nettoyage régulier à l’aide de produits spéciaux.

Le puits foré

Le forage est utilisé pour capter des ressources d’eau souterraines. Il nécessite des travaux importants réalisés par un professionnel. Une foreuse permet de creuser tout type de sol, y compris la roche, en profondeur, puis il s’agit d’installer un tuyau en pvc qui acheminera l’eau de l’aquifère vers le dessus. Une well camera est utilisée pour obtenir des images précises durant le forage. Un système de pompe de forage est nécessaire pour pomper. La quantité d’eau captée est importante et sa qualité est meilleure que celle de pluie, car elle est filtrée par les interstices du sol sableux qui élimine les impuretés et les microbes.

Le puits artésien

Un puits artésien nécessite un forage très profond à l’aide d’une foreuse, jusqu’à 80 mètres, voire plus dans certains cas. Il est possible d’en construire un lorsque l’eau souterraine est sous pression. Il s’agit de creuser à travers les roches et sols imperméables jusqu’à une veine de la nappe phréatique. Sa particularité est qu’il ne nécessite pas de pompe, la force de la source souterraine suffit à la faire remonter dans le puits. Le débit est constant, quelle que soit la saison. L’eau provenant de la nappe phréatique n’est pas polluée, il faut pourtant s’assurer qu’elle soit potable, en faisant faire des analyses. Seul un professionnel peut réaliser ce forage, grâce à un engin adapté à votre terrain. Une canalisation est installée dans le forage, et elle est scellée en profondeur. Il s’agit d’un tuyau étanche de faible diamètre.

La règlementation

Il est interdit de forer à proximité d’une route, d’un cimetière, d’une fosse à fumier, d’un champ agricole ou d’une installation d’assainissement.

Une déclaration d’ouvrage : prélèvements, puits et forages à usage domestique est à remettre en mairie obligatoirement un mois avant le début des travaux. Vous devez aussi déclarer votre projet auprès des exploitants des réseaux souterrains. Si votre puits est profond de plus de 10 mètres, il faut également faire une déclaration à la Dreal : direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, de votre région un mois avant le début des travaux. Une fois le puits construit, afin de vérifier si elle est potable, si l’eau est destinée à la consommation humaine, vous devez la faire analyser par un laboratoire agréé et transmettre les résultats à votre mairie.

Vous devrez aussi payer une taxe sur le rejet des eaux usées proportionnelle au volume rejeté.

Le budget d’un puits

  • Les prix sont très variés selon les équipements, les professionnels, les matériaux requis, le terrain, la profondeur.
  • Le prix d’un puits foré est très élevé, entre 3000 € et 10000 €, et il faudra de 5 à 10 ans pour amortir l’investissement. De plus, le système de pompage est cher, et il faut penser à l’énergie nécessaire à son fonctionnement.
  • Un puits artésien a l’avantage de fonctionner sans pompe, mais les travaux sont plus importants au départ, il faut compter environ 5000 €, mais selon le terrain et la profondeur, ça peut être plus cher.
  • Un puits de surface est moins onéreux, on peut le creuser soi-même à la main, et un système de pompage basique suffit. Il faudra envisager un budget d’environ 2000 €, mais jusqu’à 8000 € si vous faites appel à un pro.

Conclusion

Creuser un puits dans son jardin peut être une solution pour avoir de l’eau à disposition si votre maison n’est pas raccordée au réseau d’eau potable, ou pour assurer votre stock d’eau en cas de sécheresse. Selon le puits, l’utilisation de l’eau n’est pas le même, et les travaux de construction de même que les prix sont très différents. Dans tous les cas, il faut préserver l’eau, qui est une ressource de plus en plus rare, il ne faut pas la gaspiller.